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    L’année 2018 est loin d’être terminée mais la pause estivale est l’occasion de dresser le bilan de ses six premiers mois : de l’action, toujours de l’action ! Enquêtes publiques, organisation d’un ciné/débat, commissions divers, fête des plantes, PAE  a été sur plusieurs fronts. La pause est méritée, mais elle n’aura pas lieu : un grand événement se profile à l’horizon, une conférence débat avec rien moins que l’astrophysicien humaniste, grand défenseur de l’environnement, Hubert Reeves ! Avis à tous : si vous avez envie que PAE garde ce rythme, alors retroussez vos manches et donnez-nous un coup de main !

     

    PAE 2018 : de l’action et une rentrée en fanfare avec Hubert Reeves !

     

    Enquêtes et consultations publiques : un travail nécessaire !

     

    Comme toujours, enquêtes et consultations publiques ont constitué le gros des dossiers dans lesquels PAE s’est immergé, et pour lesquels bien sûr notre association a rendu son avis. En cette première moitié de l’an 2018, l’association a planché sur trois enquêtes publiques concernant le PLU de Saint Hilaire sur Erre (mars 2018), le SCOT du Pays du Perche Ornais (mai 2018) et une portion de chemin rural au lieu dit La Vieille Rosière, à Saint-Cyr-la-Rosière.

    Le PLU, soit le Plan Local d’Urbanisme de Saint Hilaire sur Erre a reçu un avis favorable de PAE, notre association ayant particulièrement apprécié de constater que ce PLU allait vraiment dans le sens de la préservation de l’environnement, en prenant des disposition claires et précises destinées à protéger et sauvegarder les ressources et la qualité de l’eau, les haies, etc.

    Notre réaction par rapport au SCOT - le Schéma de Cohérence Territoriale - a été plus mitigée. Ainsi que nous l’avons mentionné dans notre note finale, le SCOT est « un document de planification à l’échelle d’un bassin de vie. Il vise à mettre en cohérence l’ensemble des politiques sectorielles notamment en matière d’urbanisme, d’habitat, de déplacements et d’équipements commerciaux, dans un environnement préservé et valorisé (préservation des ressources naturelles, réduction des émissions de gaz à effet de serre, maîtrise de l’énergie et développement des sources renouvelables, préservation) et de remise en bon état des continuités écologiques ». C’est un document opposable, qui sert notamment de trame aux PLU, et donc, selon nous, il doit afficher des positions clairs et non donner de simples recommandations, de type « il serait intéressant de ». Le SCOT est plein de bonnes intentions mais, à notre sens, pas assez directif.

    Enfin, PAE a donné un avis favorable au projet de désaffectation et d’aliénation d’une portion de chemin rural au lieu dit La Vieille Rosière, à Saint-Cyr- la-Rosière. Cette portion de chemin n’est plus entretenue depuis longtemps et, coupée du chemin rural de Bellême, ne reçoit plus non plus de promeneur. Le chemin n’est donc plus affecté à l’usage public et, compte tenu de la nature du projet de la personne souhaitant l’acheter, qui va dans le sens de la préservation de l’environnement, nous avons émis un avis favorable.

    Les avis de PAE concernant ces trois enquêtes sont disponibles en ligne, rendez-vous à la fin de l’article dans la partie Annexes.

     

    Commissions et actions grand public : mention pas mal du tout !

     

    PAE continue de participer aux commissions Environnement et Aménagement durable du Parc, ainsi qu’à la commission de suivi d’ATEMAX, anciennement Caillot à Mortagne au Perche. Nous avons aussi, pour la première fois, participé  à la Fête des plantes et du Savoir qui se tenait le dimanche 22 avril à Longny au Perche, et qui était organisée par l’association Jardin des simples. L’occasion de beaux échanges avec le public et les associations qui étaient sur place, et qui nous a valu de nouveaux adhérents !

    Mais l’événement le plus marquant de 2018 a été sans conteste la soirée ciné-débat au cinéma Saint Louis à Theil sur Huisne jeudi 22 mars, avec l’extraordinaire conférence de l’ex-agriculteur Gérard Boinon qui a suivi la projection du film Secrets des champs (voir l’article « Un film et le combat d’un homme contre les pesticides »« Un film et le combat d’un homme contre les pesticides »). Un grand moment de partage et d’émotion, au cours duquel Mr Boinon est revenu, sans fausse pudeur, sur le terrible parcours personnel qui lui a fait prendre conscience de la dangerosité et de l’inanité des pesticides. Une action comme nous les aimons, avec de l’humain et du partage, et que nous espérons pouvoir poursuivre.

    Une rentrée en fanfare avec Hubert Reeves

    Chers adhérents, sympathisants et amis de PAE, à vos agendas ! La rentrée va être chaude, avec un très bel événement organisé par notre association – avec le soutien précieux de la Mairie de Mortagne : le 14 septembre, à 20h 30 au Carré du Perche, une conférence/débat avec… Hubert Reeves ! Doit-on encore le présenter ? Hubert Reeves, l’astrophysicien qui a mis l’univers à notre portée grâce à ses formidables ouvrages de vulgarisation, l’humaniste qui questionne avec poésie le sens du monde, est aussi un écologiste de la première heure, un militant de la protection de l’environnement qui a cofondé l’association Humanité et Biodiversité – partenaire de PAE pour cet événement –, et qui est président d’honneur de l’Agence française pour la biodiversité. Les insectes disparaissent, nombre d’espèces d’oiseaux sont en cours d’extinction, l’état de la biodiversité est de plus en plus préoccupant, y compris dans une région qui semble préservée comme le Perche. La conférence de Hubert Reeves portera sur ce thème : « L’avenir de la vie sur Terre », et gageons que le célèbre conteur des étoiles saura nous remuer et nous toucher au plus profond ! L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

    PAE 2018 : de l’action et une rentrée en fanfare avec Hubert Reeves !

    Cette année, il n’y aura pas de repos pour les braves à PAE ! L’association est sur tous les fronts, et nous avons besoin de toutes les bonnes volontés pour continuer à mener à bien nos actions, tant en direction du grand public comme nos conférences/débats et nos participations aux événements locaux, que celles, qui consiste à répondre et de donner notre avis aux enquêtes et consultations publiques. Un travail de fourmi, long et parfois ardu, mais combien nécessaire, essentiel même, pour éviter le pire à notre beau Perche. Rejoignez-nous, participez, toutes les compétences sont les bienvenues ! 

     

    Annexes

    Avis PAE PLU de Saint Hilaire sur Erre 

    Avis PAE SCOT du Pays du Perche Ornais 

    Note PAE chemin rural, lieu dit La Vieille Rosière, à Saint-Cyr-la-Rosière.

     


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  • Les oiseaux des campagnes sont en train de disparaitre à vitesse grand V ! Selon deux études menées sur plusieurs années par les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et ceux du CNRS, les populations d’oiseaux des champs se sont réduites d’un tiers en 15 ans ! Certaines espèces, comme les perdrix, ont été littéralement décimées. Et la tendance, hélas, n’est pas prête de s’infléchir. Le printemps 2018 risque d’être sans oiseaux dans certaines régions céréalières …

     

    En 1962, la biologiste américaine Rachel Carson publiait un livre devenu un grand classique de la littérature écologiste, intitulé Printemps silencieux (Silent spring), dans lequel elle tirait la sonnette d’alarme à propos de l’insecticide le plus utilisé à l’époque, le DDT de sinistre mémoire : si rien n’était fait, il allait exterminer tout les oiseaux, éteignant à jamais leurs chants qui enchantaient le printemps.

    Cela fait 45 ans que le DDT est interdit en France, et malheureusement, cette terrible prophétie est plus que jamais d’actualité. Deux études au long cours, menées sur plusieurs années à une échelle locale par le CNRS (Centre national de recherche scientifique) et nationale par le Museum national d’Histoire naturelle ont mis en évidence une nette diminution des populations d'oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990. L’étude menée par le Museum montre un net déclin de  l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan par exemple, qui ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Un déclin qui s’est encore intensifié en 2016 et 2017.

    L’étude du CNRS, menée sur la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre », est encore plus alarmante. Depuis 1995, les chercheurs ont suivi dans les Deux-Sèvres 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français. En 23 ans, toutes les espèces d'oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d'un individu sur trois (-35%) et, avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées. Cette chute frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes - fréquentant prioritairement ce milieu -, que les espèces dites généralistes - retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non. Or, il se trouve que les espèces généralistes ne déclinent pas à l’échelle nationale ; la diminution constatée est donc propre au milieu agricole.

    Les responsables de cette hécatombe ont été clairement identifiés : la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, la flambée des cours du blé, la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d'avoir du blé sur-protéiné et, bien évidemment, la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants. Le DDT de notre siècle ! A cause des néonicotinoïdes, la population d’insectes, source première de nourriture pour les oiseaux s’est en effet littéralement effondrée dans la campagne : une étude menée sur 27 ans en Allemagne, rendue publique en 2017, a conclu que la population des insectes volants avait chuté de 75% en moins de trente ans !

    Le printemps 2018 risque d’être bien silencieux au-dessus des champs de céréales… Ce n’est pas seulement une catastrophe écologique qui se profile à l’horizon, un horizon très, très proche, c’est bien pire que ça : un monde ou les oiseaux ne chantent plus. Peut-on seulement l’imaginer ?

    Un printemps sans oiseaux…

    L'alouette des champs, bientôt portée disparue. Qui osera encore chanter :

    "Alouette, gentille alouette / alouette, je te plumerais"


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    Il n’y avait plus un strapontin de libre dans la grande et belle salle de l’Espace Octave Mirbeau de Rémalard lorsque, samedi 11 novembre, le climatologue Jean Jouzel a démarré sa conférence sur le thème : « Climat : il est urgent d’agir ».  La notoriété du conférencier invité par PAE (voir ICI) était certes pour quelque chose dans cette affluence, mais pas seulement, ainsi qu’en témoigne la grande attention du public et les questions très pertinentes posées lors du débat.

    Le sujet interpelle, concerne et inquiète, justifiant largement le déplacement en cette soirée froide et humide pour écouter l’un des scientifiques français les plus proche du dossier, et les plus qualifié pour en parler. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les nouvelles du front climatique ne sont pas très bonnes…

     


     La vidéo de la conférence de Jean Jouzel

     


     Etat des lieux : mauvais !

    Jean Jouzel a démarré sa conférence par le rappel de quelques données fondamentales, démontrant sans aucune équivoque la réalité du réchauffement climatique et la responsabilité humaine. Il a ainsi présenté des graphiques qui, depuis 1900, donnent les mesures alarmantes de l’augmentation de température des océans, de la fonte de la banquise arctique et de l’élévation du niveau de la mer. Les trente dernières années furent les plus chaudes depuis l’apparition de la météorologie !

    Jean Jouzel : « Agir, maintenant, contre le réchauffement climatique ! »

     

    Jean Jouzel : « Agir, maintenant, contre le réchauffement climatique ! »

    Jean Jouzel plongé dans sa démonstration, devant un public nombreux et attentif

     

    Les responsables, tout le monde les connait : ce sont les gaz à effet de serre, ces véritables pièges à chaleur qui étouffent petit à petit la planète. En 2013, 75% d’entre eux provenaient du CO2 (gaz carbonique) essentiellement produit par les combustibles fossiles, et 14% du méthane exhalé, entre autres, par les décharges, les rizières et les ruminants. Et 95% de ces gaz sont produits par… nous.

    Le scénario catastrophe : 50°C à Strasbourg en 2050 !

    Une fois ces préliminaires posés, Jean Jouzel est entré dans le vif du sujet en nous présentant deux scénarios possibles. Le premier, le pire, est un authentique cauchemar : si la situation perdure, si rien n’est fait, la température à la surface du globe augmentera entre 4° et 5° d’ici la fin du siècle. Enoncé ainsi cela ne semble pas énorme, sauf qu’à l’échelle du système Terre c’est tout simplement cataclysmique. Le Groenland fondra en élevant de 7 mètres le niveau de la mer – de quoi rayer de la carte quantités d’îles et de zones littorales – les océans deviendront des pièges mortels pour le corail et les espèces qui ne tolèrent pas les eaux acides, les épisodes climatiques violents, extrêmes – inondations, tempêtes, sécheresse – se succéderont dans interruption, de nombreuses espèces végétales et animales seront rayées de la carte faute de pouvoir s’adapter ou émigrer vers des régions plus clémentes, les rendements de blé, de mais ou de riz subiront une baisse drastique, due entre autre à la sécheresse qui va sévir dans une bonne partie de la planète. En France, a rappelé Jean Jouzel, nous perdons déjà six jours d’enneigement par décennie. Les vendanges ont lieu de plus en plus tôt, en septembre au lieu d’octobre dans les années 70. Si le scénario du pire se confirme, à dater de 2050, les températures pourront dépasser les 50°C dans le nord et l’est du pays, une canicule presque insoutenable au regard de celles, à 40°C, que nous vivons si difficilement.

     

    Jean Jouzel : « Agir, maintenant, contre le réchauffement climatique ! »

     

    Certes, ainsi que le reconnaît Jean Jouzel avec ironie, il subsistera les zones, des îlots « décents » en matière climatique, en particulier du coté des pays nordiques, où il fera encore bon vivre et où les plus nantis pourront s’exiler. Mais il y a fort à parier que leur soulagement sera de courte durée : l’une des plus terribles conséquences de ce scénario sera d’obliger des millions, des centaines de millions d’humains à quitter des terres désormais stériles, asséchées, pour chercher refuge dans les régions encore viables.

    Mais tout n'est pas perdu : le bon scénario... si nous agissons vite !

    Il existe, néanmoins, une alternative à ce scénario digne d’un film d’horreur : contenir le réchauffement de manière à ce que l’augmentation de température ne dépasse pas 2°C à la fin du siècle. La planète sera certes bouleversée, bousculée, mais pas au point que nous ne puissions pas nous adapter à ces changements (ce qui ne sera pas valable pas pour tout le monde, hélas…). Cet avenir se prépare maintenant, tout de suite. Primo, pour que l’objectif « pas plus de 2°C » soit jouable, il est impératif que le pic maximum d’émission de carbone ait lieu en 2020. Secundo, la quantité de CO2 que nous produisons devra être divisée par 3 jusqu’en 2050, ce qui implique une limitation drastique de l’exploitation et de l’usage des ressources en énergie fossile. Tertio, nous devons coute que coute maintenir ensuite une parfaite neutralité carbone (autant de CO2 produit que de CO2 éliminé). La bataille va être rude, très rude même compte tenu du nombre d’oreilles qu’il faut encore tirer pour les convaincre de la catastrophe imminente – celles de Trump notamment et de la finance.

    Monsieur Jouzel, mais qu’est ce qu’on peut faire ?

    Le climatologue a eu l’occasion de préciser la nature de ce véritable plan de redressement climatique au cours du débat qui a suivi sa conférence et qui, rappelons-le, a été de très bonne tenue, avec des questions pertinentes (à la grande satisfaction du climatologue, qui nous a avoué en privé être assez las des amateurs de théories du complot climatique…). Il a ainsi pu parler en détail d’une conséquence méconnue du réchauffement : la fonte du permafrost, ces sols perpétuellement gelés dans les régions glacées comme la Sibérie, qui contribuerait à 10% du réchauffement par la libération de gaz à effet de serre comme le méthane.

    Il a aussi répondu à ceux qui, économie d’énergie obligent, s’inquiétaient d’un retour aux siècles anciens. Ce n’était absolument pas son propos, il n’est pas question de revenir à la chandelle mais il est inutile de compter sur un quelconque « miracle scientifique ». Aucune technologie « magique » viendra balayer d’un coup de génie tout le CO2 indésirable, la seule solution est de couper le robinet à pétrole et d’investir massivement, et très rapidement dans les énergies renouvelables. Malheureusement, le retard prit en France est considérable : il faudrait ainsi équiper le pays de 20 000 éoliennes pour atteindre l’objectif de 23% d’énergie renouvelable en 2020 ! Dans un ouvrage à quatre mains à paraitre chez Odile Jacob fin novembre, Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, économiste et homme politique à la fibre très verte, ont chiffré cet investissement à mille milliards, la part de la France s’élevant à 45 milliards.

    Jean Jouzel : « Agir, maintenant, contre le réchauffement climatique ! »

    D’autres leviers d’action sont aussi possible, plus à notre portée de citoyens, telle la conversion de l’agriculture vers des pratiques bien plus respectueuses des sols : ces derniers, lorsqu’ils sont bien entretenus, sont en effet de vrais pièges à CO2. Et sans retourner à l’époque de arrières-grands parents, rien ne nous empêche de contribuer à l’effort de ce qui est une véritable guerre en tendant vers une vie plus frugale en énergie, isoler nos maisons, éviter de prendre la voiture pour faire 500 mètres, et ne pas exiger de pouvoir se promener tout nu chez soi en plein hiver : ce n’est pas ça, le progrès !



    La vidéo du débat

     

      


     Et un grand merci à tous !

    La convivialité n’étant pas un vain mot chez PAE, la rencontre a été suivie d’un pot où tout le monde a pu échanger en se régalant du cidre et des jus de fruits de la Reinette Verte, des délicieuses bouchées de Fantine et des en-cas salés/sucrés préparés par nos bénévoles cordons bleus.

    Jean Jouzel : « Agir, maintenant, contre le réchauffement climatique ! »

    PAE remercie chaleureusement la Mairie de Remalard et la commission culture pour la mise à disposition gracieuse de ce bel espace Octave Mirbeau, ainsi que l'équipe qui gère la salle pour sa disponibilité et sa compétence. Nous adressons aussi nos remerciements à tous les bénévoles de l’association qui ont donné de leur temps pour la réussite de cette belle soirée.

     

     

    A lire : Ceux qui désirent aller plus loin et approfondir leur culture autour du réchauffement climatique, une bibliographie est disponible ICI.

     


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    Le glyphosate, l’herbicide le plus controversé au monde, refait parler de lui ! Pas seulement à Commission européenne, qui n’arrive pas à se mettre d’accord sur la rallonge d’exploitation accordée à Monsanto (censée être de cinq ans à partir de décembre 2017), mais aussi dans le journal le Perche, qui a eu la bonne idée de demander l’expertise de notre association sur le terrible « agent orange » bien connu des Percherons, qui tue la terre plus vite que son ombre. 

    L’article est paru cette semaine dans le journal, il est accessible ICI. Sans surprise pour ceux qui connaissent le combat de PAE, notre association est on ne peut plus claire sur le sujet, le glyphosate est hautement nocif pour l’environnement et la santé humaine – à commencer par celle des agriculteurs eux-mêmes : « Il faut savoir que les eaux du Perche sont polluées. Certaines particules du produit se retrouvent dans les airs, au gré du vent… On le respire, on le boit, on le mange… ». L’association Génération Future a fait analyser une trentaine d’échantillons alimentaires – céréales, pates, biscottes, légumes secs, et a découvert de que 53,3 % d’entre eux contenaient du glyphosate (consulter l’enquête de Génération Future ).

    Or, malgré les tentatives de Monsanto pour minimiser les effets du glyphosate sur la santé humaine en trafiquant les études scientifiques sur le sujet (consulter l’article de Greenpeace) il est aujourd’hui admis que l’herbicide est cancérigène. La Californie, où le taux de glyphosate dans l’organisme des habitants a doublé en vingt ans, est en conflit ouvert avec Monsanto qui refuse catégoriquement que l’Etat impose sur ses bidons de poison chéri un avertissement sur les risques encourus par les usagers. Pire, ainsi que le rappelle PAE dans l’article du Perche en se basant sur une expertise collective de 2013 de l’INSERM (l’institut national de la santé et de la recherche médicale) : « Parkinson ou Alzheimer ont un lien prouvé et fort avec l’exposition aux pesticides, entre autres, avec le glyphosate ».

    Malgré ces données alarmantes, l’Orne reste un gros consommateur de glyphosate, ainsi que le souligne PAE : entre 2009 et 2016, 6 618 tonnes ont été déversés dans le département, contre 5 363 à l’échelle nationale. De gros efforts son faits pour limiter l’usage de l’herbicide, mais ce n’est pas encore suffisant. Pour PAE, il faut une solution radicale, avoir le courage d’interdire cet herbicide. L’Union européenne sera-t-elle capable de tenir tête au géant Monsanto ? Pour l’instant, la commission  se heurte à la résistance de quelques pays, notamment l’Italie et la France, qui veulent réduire le délai à trois ans. L’UE devrait parvenir à un accord d’ici la fin du mois, croisons les doigts pour qu’elle évite le pire et adopte… le moins pire. 

    Glyphosate : PAE s’exprime dans le journal le Perche

     


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