• Assemblée Générale de PAE : Le constat et le défi

     

    L’Assemblée Générale Statutaire de Perche Avenir Environnement a eu lieu le samedi 19 mars 2016, à la salle des fêtes de Colonard Corubert. Ce fut une belle réunion, constructive, efficace, et comme toujours conviviale. Jacqueline Sarem, présidente de PAE, et Jean-Paul Daveau, vice-président, ont profité de l’occasion pour faire un point sur « l’air du temps » environnemental dans le Perche et en France en général, et brosser les grandes lignes des défis qui, à l’avenir, attendent notre association :     

     

    « 2015 fut une année de changements politiques locaux importants : élections départementales, mise en œuvre de la réforme territoriale de la Loi NOTRE, regroupement de communes, Régionales. D’où une complète réorganisation des institutions avec leurs conséquences sur la vie quotidienne des habitants.

    Notre association, comme Sisyphe, fut présente sur tous les fronts sur les collines du Perche. L’équipe a été active et a obtenu des résultats appréciables.

    Mais le constat de l’état de l’environnement est déplorable !

    Les sols sont toujours malmenés et cultivés intensivement avec le Roundup dont l’interdiction au yo-yo agace profondément. Même si des actions ponctuelles de Perche Avenir Environnement ont sensibilisé le public sur l’utilisation du Roundup, le  glyphosate est toujours en vente libre malgré une interdiction annoncée pour le 1er janvier 2016.

    Les pesticides sont en augmentation importante alors qu’ECOPHYTO nous promet une diminution drastique de - 50 % à l’échéance 2025. Les eaux sont de plus en plus polluées par leur utilisation. Et aujourd’hui, l’interconnexion des réseaux d’alimentation en eau potable est désormais une pratique courante destinée à faire baisser les seuils, sans pour autant faire sourciller quiconque.

    Les haies du Perche et leurs écosystèmes ont senti passer les lames des exploitants sans vergogne avides d’agrandir leurs surfaces cultivables. Cependant, PAE a obtenu un tableau sur les législations applicables aux haies et un engagement écrit des trois agriculteurs de Colonard à replanter et même à créer deux nouveaux chemins. Dossier suivi de très près !

    La vigilance est de tout instant.

    Les abeilles désorientées ne retrouvent plus le chemin de la ruche et, épuisées, restent sur le carreau. Pendant ce temps, malgré de nombreux avis concordants sur les causes de leur effondrement (ANSES), la représentation nationale et le ministre concerné tergiversent, sous la pression des lobbies, pour leur interdiction formelle alors que les causes sont désormais connues de tous. Les abeilles meurent ! L'assemblée nationale a pris la décision d'interdire les néonicotinoïdes à partir de septembre 2018. Bonne nouvelle ? Certes, mais relative : si la nocivité est prouvée, ce qui est le cas ici, pourquoi attendre 2018 ?

    Les écosystèmes paient toujours un lourd tribut avec les pollutions qui accompagnent le système productiviste agroalimentaire épuisant les ressources naturelles.

    L’extension des porcheries se fait sans enquête publique alors que la crise du porc fait la une de l'actualité !

    Nous marchons sur la tête. Des raisons d’espérer ?

    Si la fin 2015 était annonciatrice de changements positifs pour la protection de notre planète Terre avec la victoire diplomatique de la COP 21, nous voyons bien dans les faits que les grands pays industriels les plus pollueurs ont du mal à appliquer les conventions pourtant déjà signées.

    Nous nous éloignons toujours de relations équilibrées avec notre planète que nous ne préservons pas suffisamment pour les générations futures.

    Même si les très beaux films, Bye bye Pesticides et Demain laissent entrevoir un espoir d’amélioration des comportements humains pour une utilisation plus rationnelle des ressources naturelles, les lourdeurs au changement nous plombent toujours (au sol). Nos représentants sont toujours incapables de respecter le principe de précaution qui semble être tombé aux oubliettes, bien qu’inscrit dans notre Constitution.

    Aussi, au lendemain  de la COP 21, au moment des débats sur la loi biodiversité, il est urgent que notre représentation politique s'affranchisse de la pression des lobbies et retrouve la voie du courage et assume véritablement des orientations agricoles conformes à ses engagements et à la hauteur des défis environnementaux de demain.

    Bref vous l’avez compris, le combat n’est pas terminé.

    Quid de l’avenir ?

    L’année 2016 est une année de transition. En effet la réunion des deux Normandie pose une question essentielle : quelle structuration du mouvement environnemental dans le cadre de la réunification de la Normandie ?

    La nécessité d’une fédération ou d’une fusion des associations de protection de l’environnement de haute et de basse Normandie est indispensable. Aujourd’hui les orientations prises vont vers la fédération avec une structure comprenant un président, trois vice-présidents et quinze membres du conseil d’administration. Notre association a besoin de nouveaux soldats, sentinelles de l’environnement, pour être encore plus efficace, plus percutante pour veiller au développement du bon grain, assurer sa pérennité et rester opérationnelle.

    La loi sur la transition énergétique se met en œuvre et fait émerger de nouveaux dossiers, comme la filière bois et la méthanisation, dossiers sur lesquels nous planchons afin de comprendre les enjeux et implications locaux. Du travail en perspective… afin d’être capable d’émettre un avis éclairé sur les dossiers en cours."

     


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  • Commentaires

    1
    Lundi 2 Mai 2016 à 21:29

    L'édito contient l'essentiel des préoccupations du moment dans notre secteur et bien au-delà. Une fédération des associations de défense de l'environnement nécessite d'en débattre assez vite au sein de notre association et en cas d'accord allant dans cette direction de prendre l'initiative si ce n'est déjà fait. Pour être entendu il faut être fort et nombreux car "ceux d'en face" ont des pouvoirs et veulent nous faire taire et tout au moins ne plus nous entendre.

    Une assemblée générale sur la constitution d'une fédération Normande de défense de l'environnement me semble à priori une nécessité. L'élargissement des champ d'interventions avec la proximité de la mer, l'élection d'un bureau régionale dans lequel les sensibilités écologiques seraient représentées méritent une discussion.

    La situation dégradée dans le Perche avant que les PLUI définissent des règles communes est plus que préoccupante. Encore deux ans d'attente avant que des règles soient définitivement mises en oeuvre n'augurent rien de palpitant. Dans quel état trouverons-nous les sols, l'air, les rivières et les nappes phréatiques dans un ou deux ans au rythme où vont les choses. J'ai cru comprendre sauf erreur d'interprétation que des textes permettraient de stopper les dégradations multiples dont nous faisons le constat. Pourquoi si ce que j'avance est exact ne pas saisir tous les maires, la CDC et le CG pour obtenir au moins une écoute de nos édiles.

    Fédérer les Asso ne signifie pas attendre des jours meilleurs. Notre identité sera d'autant plus reconnue dans une perspective fédérative que nous serons visible sur le terrain. J'ai bien conscience de ne pas faire assez à titre personnel sur le terrain, personne n'est parfiat et on peut s'améliorer.

    Alain Laute

     

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