• « De la terre à la vie » : que voila un beau titre pour une ambitieuse exposition, consacrée à ces agriculteurs percherons qui ont fait le grand saut vers le biologique. Elle se tiendra du 14 juillet au 18 septembre à l’Ecomusée du Perche, et présentera toute une série de portraits d’agriculteurs, signés du talentueux photographe du Perche David Commenchal, ainsi que des films et des photographies témoignant de leur parcours : comment en sont-ils venus à produire viande, fruits, légumes et céréales bios, pourquoi ce choix, comment le vivent-ils ? Une exposition solidement ancrée dans l’actualité et le terroir percheron, à laquelle d’ailleurs participe l’ethnologue Alexandra Céalis, dont nous avons publié un compte rendu des remarquables travaux sur les agriculteurs du Perche (voir ICI).

    Une exposition que PAE ne peut que soutenir, d’autant que notre association va creuser un peu plus profondément ce sillon, contribuer à la réflexion sur l’avenir agricole du territoire en organisant, le 15 octobre à la salle des fêtes de Préaux du Perche, une conférence-débat dont l’invité n’est autre que l’ingénieur agronome et enseignant-chercheur français Marc Dufumier, directeur de la chaire d'agriculture comparée à AgroParisTech, ardent défenseur d’une agriculture aussi respectueuse de l’environnement naturel que social. Un événement à ne pas manquer, et sur lequel nous reviendrons !

     

    Contact : Ecomusée du Perche - www.ecomuseeduperche.fr -


    votre commentaire
  •  

    Cela s'est passé il y a un mois, en avril, du coté de la ferme de la Bercillère à Souancé-au-Perche : un agriculteur, sans rien demander à personne, a arraché des hectares de haies à coups de bulldozer et de broyeuses géantes. Un vrai massacre, la haie comptait de très vieux chênes et de belles "trognes" qui abritaient une faune importante. Une procédure a d'ailleurs été lancée par l'ONCFS, l'Office National de la Chasse et de la faune Sauvage, l’agriculteur ayant peut-être détruit des habitations d’oiseaux protégés. L'arrachage en a choqué plus d'un, mais hélas le mal était fait lorsque le public, les défenseurs de la nature et les élus s'en sont rendus compte. Pire, l'agriculteur était dans son "bon droit", ainsi que nous avons pu lire dans le journal Le Perche, il pouvait faire ce qu'il voulait, aucun document d'urbanisme n'existant à Souancé ! Il a promis de replanter les 1,5 km de haies disparus et le Parc naturel régional du Perche devrait signer une convention avec lui pour qu’il s’engage à le faire...

    Un tel acte ne pouvait laisser PAE indifférent. L'association a donc vigoureusement réagit et affirmé on ne peut plus clairement sa position à travers un communiqué de presse, à paraître cette semaine dans le journal Le Perche, et dont voici le texte intégral : 

     

    Perche Avenir Environnement, notre association qui se bat depuis de longues années pour la protection des haies, des paysages du Perche et la santé de ses habitants, ne peut pas ne pas réagir aux derniers événements et aux articles parus dans les journaux concernant les arrachages de Haies.

    Ainsi que nous ne cessons de le répéter, nous ne voulons pas stigmatiser l'ensemble des agriculteurs, mais dénoncer certaines pratiques et modèles agricoles qui conduisent à ce que nous avons pu voir récemment à Souancé.

    Les terres agricoles du Perche sont en train de devenir des enjeux financiers. Nous voyons déjà des investisseurs et des spéculateurs qui les achètent. Cette situation conduit inévitablement à la destruction des paysages, patrimoine commun. Ce sont des centaines d'hectares qui sont concernés, et donc les exploitations qui vont avec. Comment l'agriculture paysanne à taille humaine que nous défendons peut-elle survivre ?

    Ainsi que l’a si bien exprimé l’agronome-chercheur Marc Dufumier (Le Monde 9 février 2016) : « Il nous faudrait  promouvoir aujourd'hui  une agriculture moins industrielle, c'est à dire plus artisanale, plus soignée, plus respectueuse de l'environnement mais aussi plus intensive en emploi. Il convient, pour ce faire, de réorienter au plus vite les aides de la PAC (actuellement concédées en proportion de la  surface) afin que nos paysans, droits dans leurs bottes, puissent être correctement rémunérés, en échange de bons produits et de services d'intérêt général, et  ne plus devoir sans cesse mendier des subventions sans grand effet sur les systèmes de production agricole. »

    C'est pourquoi nous interrogeons nos politiques, quand nous voyons des projets comme l'usine de méthanisation de Pouvrai, les extensions d'élevages industriels, etc... qui immanquablement alimentent ces évolutions que nous dénonçons.

    Il y a eu des avancées encourageantes, des échanges constructifs, des engagements de la part d’agriculteurs et des services de l’État. Dans l'Orne, la DDT a  même produit un document qui clarifie les situations juridiques des haies et en détermine les procédures d'entretien.

    Pourquoi ce document si attendu des élus, des associations tarde-t-il autant à être  rendu public ? Il serait pourtant l'outil indispensable à la pédagogie et au dialogue.

    Devant ces cas consternants d'arrachages de haies nous ne pouvons pas nous contenter « de regrets » (déclaration de Jean-Michel Bouvier, alors vice-président du Parc, au journal Le Perche) le PERCHE mérite engagements et actions.

    Notre association a travaillé avec le PNRP, avec des élus, des agriculteurs, et obtenus des engagements de réparation. Mais qu’en est-il des moyens mis en place pour le suivi, quand le PNRP nous dit que depuis juillet 2015, il cherche des budgets pour le faire.

    Non, l'agriculteur de Souancé n'est pas dans son « bon droit » quand il détruit une zone humide même si elle n'est pas protégée par un document d'urbanisme. La position de l'ONCFS, qui s'est rendu sur place, est on ne peut plus claire : Il est en infraction ! On nous dit que l’agriculteur va s'engager à replanter 1,5 km de haies. Mais avec qui s'engage-t-il ? Le PNRP et les associations peuvent-ils seuls en  assurer le suivi ? Quel est le rôle des services de l’État dans ce domaine ?

    Nous souhaitons une vraie mobilisation de tous, citoyens, élus, institutions, politiques, pour préserver notre environnement, mais aussi pour permettre aux agriculteurs d'y travailler et de vivre  dignement et sereinement de leur travail.   

     

                                                                

     

     


    1 commentaire
  •  

    L’Assemblée Générale Statutaire de Perche Avenir Environnement a eu lieu le samedi 19 mars 2016, à la salle des fêtes de Colonard Corubert. Ce fut une belle réunion, constructive, efficace, et comme toujours conviviale. Jacqueline Sarem, présidente de PAE, et Jean-Paul Daveau, vice-président, ont profité de l’occasion pour faire un point sur « l’air du temps » environnemental dans le Perche et en France en général, et brosser les grandes lignes des défis qui, à l’avenir, attendent notre association :     

     

    « 2015 fut une année de changements politiques locaux importants : élections départementales, mise en œuvre de la réforme territoriale de la Loi NOTRE, regroupement de communes, Régionales. D’où une complète réorganisation des institutions avec leurs conséquences sur la vie quotidienne des habitants.

    Notre association, comme Sisyphe, fut présente sur tous les fronts sur les collines du Perche. L’équipe a été active et a obtenu des résultats appréciables.

    Mais le constat de l’état de l’environnement est déplorable !

    Les sols sont toujours malmenés et cultivés intensivement avec le Roundup dont l’interdiction au yo-yo agace profondément. Même si des actions ponctuelles de Perche Avenir Environnement ont sensibilisé le public sur l’utilisation du Roundup, le  glyphosate est toujours en vente libre malgré une interdiction annoncée pour le 1er janvier 2016.

    Les pesticides sont en augmentation importante alors qu’ECOPHYTO nous promet une diminution drastique de - 50 % à l’échéance 2025. Les eaux sont de plus en plus polluées par leur utilisation. Et aujourd’hui, l’interconnexion des réseaux d’alimentation en eau potable est désormais une pratique courante destinée à faire baisser les seuils, sans pour autant faire sourciller quiconque.

    Les haies du Perche et leurs écosystèmes ont senti passer les lames des exploitants sans vergogne avides d’agrandir leurs surfaces cultivables. Cependant, PAE a obtenu un tableau sur les législations applicables aux haies et un engagement écrit des trois agriculteurs de Colonard à replanter et même à créer deux nouveaux chemins. Dossier suivi de très près !

    La vigilance est de tout instant.

    Les abeilles désorientées ne retrouvent plus le chemin de la ruche et, épuisées, restent sur le carreau. Pendant ce temps, malgré de nombreux avis concordants sur les causes de leur effondrement (ANSES), la représentation nationale et le ministre concerné tergiversent, sous la pression des lobbies, pour leur interdiction formelle alors que les causes sont désormais connues de tous. Les abeilles meurent ! L'assemblée nationale a pris la décision d'interdire les néonicotinoïdes à partir de septembre 2018. Bonne nouvelle ? Certes, mais relative : si la nocivité est prouvée, ce qui est le cas ici, pourquoi attendre 2018 ?

    Les écosystèmes paient toujours un lourd tribut avec les pollutions qui accompagnent le système productiviste agroalimentaire épuisant les ressources naturelles.

    L’extension des porcheries se fait sans enquête publique alors que la crise du porc fait la une de l'actualité !

    Nous marchons sur la tête. Des raisons d’espérer ?

    Si la fin 2015 était annonciatrice de changements positifs pour la protection de notre planète Terre avec la victoire diplomatique de la COP 21, nous voyons bien dans les faits que les grands pays industriels les plus pollueurs ont du mal à appliquer les conventions pourtant déjà signées.

    Nous nous éloignons toujours de relations équilibrées avec notre planète que nous ne préservons pas suffisamment pour les générations futures.

    Même si les très beaux films, Bye bye Pesticides et Demain laissent entrevoir un espoir d’amélioration des comportements humains pour une utilisation plus rationnelle des ressources naturelles, les lourdeurs au changement nous plombent toujours (au sol). Nos représentants sont toujours incapables de respecter le principe de précaution qui semble être tombé aux oubliettes, bien qu’inscrit dans notre Constitution.

    Aussi, au lendemain  de la COP 21, au moment des débats sur la loi biodiversité, il est urgent que notre représentation politique s'affranchisse de la pression des lobbies et retrouve la voie du courage et assume véritablement des orientations agricoles conformes à ses engagements et à la hauteur des défis environnementaux de demain.

    Bref vous l’avez compris, le combat n’est pas terminé.

    Quid de l’avenir ?

    L’année 2016 est une année de transition. En effet la réunion des deux Normandie pose une question essentielle : quelle structuration du mouvement environnemental dans le cadre de la réunification de la Normandie ?

    La nécessité d’une fédération ou d’une fusion des associations de protection de l’environnement de haute et de basse Normandie est indispensable. Aujourd’hui les orientations prises vont vers la fédération avec une structure comprenant un président, trois vice-présidents et quinze membres du conseil d’administration. Notre association a besoin de nouveaux soldats, sentinelles de l’environnement, pour être encore plus efficace, plus percutante pour veiller au développement du bon grain, assurer sa pérennité et rester opérationnelle.

    La loi sur la transition énergétique se met en œuvre et fait émerger de nouveaux dossiers, comme la filière bois et la méthanisation, dossiers sur lesquels nous planchons afin de comprendre les enjeux et implications locaux. Du travail en perspective… afin d’être capable d’émettre un avis éclairé sur les dossiers en cours."

     



    1 commentaire
  •  

    La consultation publique concernant l'extension de l'élevage porcin de Bois Auvée, sur la commune du Pin la Garenne s'est terminée le 2 avril. PAE y est totalement opposée, et ne manque pas d'arguments pour étayer cette opposition (voir article Chassez la porcherie, elle revient ). Un appel à la mobilisation citoyenne a été lancé. Un citoyen, Alain Laute, par ailleurs membre de PAE, a réagi et a déposé un dossier circonstancié et argumenté comme la loi l'y autorise. A-t-il été pris en compte ? Le dernier courrier qu'il a envoyé à la mairie de Mauves, concernée par l'extension de la porcherie, est très instructif à plusieurs égards. D'abord parce que c'est un modèle de mobilisation citoyenne. Ensuite pour ce qu'il révèle du fonctionnement de nos édiles... et de ces fameuses "consultations publiques".

     

    Monsieur le Maire,

     

    Quel ne fut pas mon étonnement lors de la séance du Conseil Municipal du 8 avril de constater que le point concernant l'extension de l'élevage porcin sur la commune du Pin la Garenne n'a pas été traitée à la hauteur que cette affaire nécessitait. Une présentation de ce dossier aux habitants, avant que le Conseil Municipal ne se prononce aurait permis aux élus de recueillir les avis des habitants sur ce dossier.

    La parole d'un exploitant agricole et celle d'un citoyen lambda n'aurait-elle plus la même valeur ? Le premier est invité à s'exprimer contrairement au second *.

    Le dossier de demande d'enregistrement est déposé depuis le 7 mars en mairie. Aucun rapport ou note de synthèse n'ont été proposés en séance du 8 avril pour ouvrir le débat et éclairer les élus et éventuellement le public présent.

    L'exploitant était là pour défendre "son dossier". Il a volontairement tronqué les passages les plus contestables du dossier en matière de pollutions olfactive, sonore et surtout des sols, des nappes phréatiques et des rivières dont l'une, la plus proche, est classée A et d'autres zones en ZNIEFF2. Il n'a pas tout dit concernant les surfaces d'épandages et les quantités d'effluents à épandre. Le dossier évoque ces questions.

    Il m'est apparu que beaucoup d'élus n'avaient réellement pris toute la mesure de ce dossier, dans ces conditions l'exploitant a pu dire ce qu'il a voulu sans être contredit.

    D'autre part aucun avis contradictoire n'a pu être émis depuis le public puisque vous n'avez pas ouvert la discussion avec les habitants présents.

     D'autre part je précise que le Conseil Municipal de Mauves s'est déjà prononcé contre ce dossier en 2007 et que suite à de nombreux recours le Tribunal de Commerce de Caen a définitivement débouté le dossier.

    Depuis cette date, en neuf ans, beaucoup de choses ont évolué dans notre Région. Le Parc Régional du Perche a énormément travaillé sur l'environnement en collaboration avec les communes, dont Mauves et de nombreuses associations. Des études ont été conduites qui aboutissent à des projets de requalification et des classements de sites protégés ont été prononcés. J'ajoute que la CDC du Bassin de Mortagne a travaillé sur le PLUI en s'appuyant sur ces mêmes études et les a intégrées dans le PLUI.

     Alors, pourquoi neuf ans après avoir refusé d'approuver le même dossier et compte tenu de tous ces éléments nouveaux, le Conseil Municipal de Mauves prononce un avis favorable sur un dossier contesté et encore plus polluant que le précédent ?

    Sachez que je ne suis pas opposé à cette exploitation, mais elle est déjà suffisamment énorme pour ne pas en rajouter. Le choix d'extension à l'infini est suicidaire pour l'exploitant, pour les habitants et consommateurs et pour l'environnement.

     Monsieur le Maire, je souhaite vous rencontrer pour évoquer cette question de vive voix.

    Dans cette attente, recevez mes respectueuses salutations.

    Alain Laute

     

    * Un registre unique est déposé à la Mairie du Pin la Garenne. Il est clos depuis le 2 avril.

    Je vous ai fait parvenir via le mail de la mairie, les remarques que j'ai déposées après avoir étudié le dossier et ses annexes en mairie de Mauves et en mairie du Pin.

    Vous avez lu deux courriers lors de la séance du 8 avril mais pas le mien. Pourquoi ?

    Ma contribution avait autant de valeur que les deux autres et elle apportait un autre éclairage sur les risques encourus par l'extension de l'exploitation. 

     

    Pièces jointes :

     Pièces personnelles

    - 1 - Avis de consultation du public du 12 février 2016. Mairie de Mauves.

    - 2 - Contribution A. Laute adressée à la mairie de Mauves le 4 mars 2016 par mail, et déposé sur le registre à la mairie du Pin la Garenne.

    - 3 - Seconde contribution de  Alain Laute adressée via internet à la sous-préfecture de Mortagne.

    - 4 - Article A. Laute publié le 15 mars : Elevage porcin du Tilleul : un village Astérix ornais .

    - 5 - Remarques sur la qualité des terres concernées par le dossier de consultation.

    -6- Extrait du PLUI du Bassin de Mortagne sur le "maintient du potentiel et la fonctionnalité agronomique et écologique du socle agricole et naturel du territoire.

    - 7 - Article pris sur Politis : A quelle sauce, le porc ?

    - 8 - Article de Erwan Manac'h du 3 avril 2015 : Protestation contre la multiplication des fermes usines dans l'ouest.

     Pièces de Perche Avenir Environnement (PAE)

    - A - Communiqué de presse du 23 mars 2016 sur l'extension de l'élevage porcin de 2016.

    - B - Les raisons de fond de l'opposition de PAE en 2003.

    - C - Argumentaire sur le dossier d'enquête publique déposé en 2004 (6pages).

     

    ------------------------

    Les conclusions du Tribunal de Commerce de Caen de février 2007 sont disponibles sur internet.


    votre commentaire