• La qualité des rivières du Perche est loin de s’améliorer

    riviere.jpgLa synthèse 2009 (sortie en 2011) des données de la qualité des rivières du département de l’Orne prouve que l’état de santé de nos rivières n’en finit pas de se dégrader.

    Page 19, on constate malheureusement que « depuis la première synthèse sur la qualité des cours d’eau du département de l’Orne réalisé par le Conseil général sur les données 2006, il a pu être démontré que les nitrates, les pesticides et dans une moindre mesure le phosphore sont les principaux paramètres déclassants la qualité des rivières et fleuves Ornais ».


    Au niveau départemental, les nitrates persistent à un taux quasiment constant depuis 1998. Le bilan justifie cette stabilité par la pluviométrie sachant que 2009 a été caractérisé par un ensoleillement remarquable. Qu’en sera-t-il pour 2011 déjà touché par la sécheresse ?

    Les céréales qui ont poussé sans beaucoup d’eau ont cependant été « arrosées » par des pulvérisateurs remplis de phytosanitaires qui pour certains, sont restés en surface et ne manqueront pas de rejoindre les rivières au premier copieux orage venu.

    Ce lessivage peut être réduit par les bandes enherbées et les haies, mais comme l’ont constaté des percherons attentifs à leur maillage bocager, les destructions de haies n’ont pas manqué en 2011 et les bandes enherbées n’existent pas partout.

    Dans la catégorie des pesticides, la palme des molécules dépassant les normes revient à l’acétochlore qui constitue une bonne base de désherbage avant la levée du maïs. Le produit est utilisé en avril-mai. « Suivent ensuite le bentazone, l’AMPA, le 2 hydroxy atrazine, le chlortoluron et le glyphosate (Roundup), qui dépassent au minimum de 10 fois la dose pour la consommation en eau potable, soit 0.1 μg/l. ».

    Tout aussi inquiétante, la présence massive du glyphosate (Roundup) et de sa molécule de dégradation AMPA « dans l’ensemble des cours d’eau étudiés ». Le rapport mentionne également, « sur le groupe de molécules qui franchissent le seuil des 0,1 μg/l (seuil eau potable), Ils représentent environ 50 % des dépassements et sont présents dans nos cours d’eau à de fortes concentrations ».

    L’atrazine qui est interdit depuis 2003, se retrouve en 2009, sous sa forme dégradée hydroxy atrazine dans les cours d’eau du département. Le rapport ne dit pas pourquoi…

    Par contre, le phosphore est en baisse grâce aux actions menées sur les lessives et la mise en place de stations d’épurations pour les eaux usées. « Fin 2012, l’ensemble de ces stations d’épuration traiteront le phosphore ». Mais quand y aura-t-il de véritables mesures pour réduire sérieusement la présence des pesticides et autres herbicides dans nos rivières ?

    Les particuliers ont mis la main à la poche pour réduire le phosphore, des communes ont fait l’effort de ne plus utiliser de traitements chimiques pour la voirie et les espaces verts… Pourtant la pollution persiste ! À qui le tour d’aider les générations futures à trouver le chemin des baignades dans nos rivières ?

     

    Prenons pour exemple la qualité de L’Huisne

    Si l’on s’en tient aux rapports 2008 et 2009, une simple comparaison du tableau placé page 39 dans le rapport 2009 et page 37 dans celui de 2008, montre que la qualité physico-chimique s’est dégradée en un an.

    De 2008 à 2009 :

    Les cases bleues qui indiquent une eau de « très bonne qualité » sont passées de 12 à 11

    Les cases vertes qui indiquent une eau de « bonne qualité » sont passées de 20 à 17

    Les cases jaunes qui indiquent une eau « moyenne » sont passées de 13 à 11

    Les cases orange qui indiquent une qualité « médiocre » sont passées de 2 à 5

    Les cases rouges qui indiquent une qualité « mauvaises » sont passées de 1 à 4

    Ce qui est remarquable, c’est de constater que d’un tableau à l’autre les commentaires indiquant les raisons de cette altération, sont identiques ! Si on ne fait rien, il se peut que l’on retrouve ces commentaires les années suivantes….

     

    Cette comparaison est à peu près identique pour les rivières :

    La Corbionne, La Commeauche, L’Erre dont « la qualité de l'eau est plutôt dégradée, avec une présence à vérifier de micropolluants » sur les deux années successives. La Même dont la qualité générale indique une eau plutôt dégradée. « Notamment au niveau des matières en suspension (érosion) du fait du piétinement du lit des affluents par le bétail, qui représente sur une surface cumulée estimée à 10 % du linéaire totale de la Même ».

     

    Synthèse des données de la qualité des rivières du département de l’Orne 2008

    http://www.orne.fr/sites/www.orne.fr/files/fichiers/parution/11/01/synthesedesdonneesdelaqualitedesrivieresdelorne2008.pdf

     

    Synthèse des données de la qualité des rivières du département de l’Orne 2009

    http://www.orne.fr/sites/www.orne.fr/files/fichiers/parution/11/04/synthesequaliterivieres2009.pdf

     

     

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  • Commentaires

    1
    PICARD jean-pAUL
    Lundi 31 Décembre 2012 à 16:27

    Evidemment, la profession agricole continue de ne faire aucun effort préventif alors que le reste de la population met la main à la poche !

    LES ANN2ES SE SUIVENT ET SE RESSEMBLENT AFFREUSEMENT !

    Excellente info pour accroître la sensibilisation de tous.

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