• Enfin, enfin, la vidéo tant attendue pour toutes celles et ceux qui préfèrent le blog à Facebook : la formidable conférence donnée par Hubert Reeves à Mortagne, à l'invitation de PAE. 


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    L’année 2018 est loin d’être terminée mais la pause estivale est l’occasion de dresser le bilan de ses six premiers mois : de l’action, toujours de l’action ! Enquêtes publiques, organisation d’un ciné/débat, commissions divers, fête des plantes, PAE  a été sur plusieurs fronts. La pause est méritée, mais elle n’aura pas lieu : un grand événement se profile à l’horizon, une conférence débat avec rien moins que l’astrophysicien humaniste, grand défenseur de l’environnement, Hubert Reeves ! Avis à tous : si vous avez envie que PAE garde ce rythme, alors retroussez vos manches et donnez-nous un coup de main !

     

    PAE 2018 : de l’action et une rentrée en fanfare avec Hubert Reeves !

     

    Enquêtes et consultations publiques : un travail nécessaire !

     

    Comme toujours, enquêtes et consultations publiques ont constitué le gros des dossiers dans lesquels PAE s’est immergé, et pour lesquels bien sûr notre association a rendu son avis. En cette première moitié de l’an 2018, l’association a planché sur trois enquêtes publiques concernant le PLU de Saint Hilaire sur Erre (mars 2018), le SCOT du Pays du Perche Ornais (mai 2018) et une portion de chemin rural au lieu dit La Vieille Rosière, à Saint-Cyr-la-Rosière.

    Le PLU, soit le Plan Local d’Urbanisme de Saint Hilaire sur Erre a reçu un avis favorable de PAE, notre association ayant particulièrement apprécié de constater que ce PLU allait vraiment dans le sens de la préservation de l’environnement, en prenant des disposition claires et précises destinées à protéger et sauvegarder les ressources et la qualité de l’eau, les haies, etc.

    Notre réaction par rapport au SCOT - le Schéma de Cohérence Territoriale - a été plus mitigée. Ainsi que nous l’avons mentionné dans notre note finale, le SCOT est « un document de planification à l’échelle d’un bassin de vie. Il vise à mettre en cohérence l’ensemble des politiques sectorielles notamment en matière d’urbanisme, d’habitat, de déplacements et d’équipements commerciaux, dans un environnement préservé et valorisé (préservation des ressources naturelles, réduction des émissions de gaz à effet de serre, maîtrise de l’énergie et développement des sources renouvelables, préservation) et de remise en bon état des continuités écologiques ». C’est un document opposable, qui sert notamment de trame aux PLU, et donc, selon nous, il doit afficher des positions clairs et non donner de simples recommandations, de type « il serait intéressant de ». Le SCOT est plein de bonnes intentions mais, à notre sens, pas assez directif.

    Enfin, PAE a donné un avis favorable au projet de désaffectation et d’aliénation d’une portion de chemin rural au lieu dit La Vieille Rosière, à Saint-Cyr- la-Rosière. Cette portion de chemin n’est plus entretenue depuis longtemps et, coupée du chemin rural de Bellême, ne reçoit plus non plus de promeneur. Le chemin n’est donc plus affecté à l’usage public et, compte tenu de la nature du projet de la personne souhaitant l’acheter, qui va dans le sens de la préservation de l’environnement, nous avons émis un avis favorable.

    Les avis de PAE concernant ces trois enquêtes sont disponibles en ligne, rendez-vous à la fin de l’article dans la partie Annexes.

     

    Commissions et actions grand public : mention pas mal du tout !

     

    PAE continue de participer aux commissions Environnement et Aménagement durable du Parc, ainsi qu’à la commission de suivi d’ATEMAX, anciennement Caillot à Mortagne au Perche. Nous avons aussi, pour la première fois, participé  à la Fête des plantes et du Savoir qui se tenait le dimanche 22 avril à Longny au Perche, et qui était organisée par l’association Jardin des simples. L’occasion de beaux échanges avec le public et les associations qui étaient sur place, et qui nous a valu de nouveaux adhérents !

    Mais l’événement le plus marquant de 2018 a été sans conteste la soirée ciné-débat au cinéma Saint Louis à Theil sur Huisne jeudi 22 mars, avec l’extraordinaire conférence de l’ex-agriculteur Gérard Boinon qui a suivi la projection du film Secrets des champs (voir l’article « Un film et le combat d’un homme contre les pesticides »« Un film et le combat d’un homme contre les pesticides »). Un grand moment de partage et d’émotion, au cours duquel Mr Boinon est revenu, sans fausse pudeur, sur le terrible parcours personnel qui lui a fait prendre conscience de la dangerosité et de l’inanité des pesticides. Une action comme nous les aimons, avec de l’humain et du partage, et que nous espérons pouvoir poursuivre.

    Une rentrée en fanfare avec Hubert Reeves

    Chers adhérents, sympathisants et amis de PAE, à vos agendas ! La rentrée va être chaude, avec un très bel événement organisé par notre association – avec le soutien précieux de la Mairie de Mortagne : le 14 septembre, à 20h 30 au Carré du Perche, une conférence/débat avec… Hubert Reeves ! Doit-on encore le présenter ? Hubert Reeves, l’astrophysicien qui a mis l’univers à notre portée grâce à ses formidables ouvrages de vulgarisation, l’humaniste qui questionne avec poésie le sens du monde, est aussi un écologiste de la première heure, un militant de la protection de l’environnement qui a cofondé l’association Humanité et Biodiversité – partenaire de PAE pour cet événement –, et qui est président d’honneur de l’Agence française pour la biodiversité. Les insectes disparaissent, nombre d’espèces d’oiseaux sont en cours d’extinction, l’état de la biodiversité est de plus en plus préoccupant, y compris dans une région qui semble préservée comme le Perche. La conférence de Hubert Reeves portera sur ce thème : « L’avenir de la vie sur Terre », et gageons que le célèbre conteur des étoiles saura nous remuer et nous toucher au plus profond ! L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

    PAE 2018 : de l’action et une rentrée en fanfare avec Hubert Reeves !

    Cette année, il n’y aura pas de repos pour les braves à PAE ! L’association est sur tous les fronts, et nous avons besoin de toutes les bonnes volontés pour continuer à mener à bien nos actions, tant en direction du grand public comme nos conférences/débats et nos participations aux événements locaux, que celles, qui consiste à répondre et de donner notre avis aux enquêtes et consultations publiques. Un travail de fourmi, long et parfois ardu, mais combien nécessaire, essentiel même, pour éviter le pire à notre beau Perche. Rejoignez-nous, participez, toutes les compétences sont les bienvenues ! 

     

    Annexes

    Avis PAE PLU de Saint Hilaire sur Erre 

    Avis PAE SCOT du Pays du Perche Ornais 

    Note PAE chemin rural, lieu dit La Vieille Rosière, à Saint-Cyr-la-Rosière.

     


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  • Une très jolie participation, jeudi 22 mars, à la projection du film Secrets des champs au cinéma Saint Louis à Theil sur Huisne. Un public motivé et intéressé, qui est resté littéralement suspendu aux lèvres de l’ex-agriculteur Gérard Boinon lors de l’extraordinaire conférence qui a suivi et où il est revenu, sans fausse pudeur, sur le terrible parcours personnel qui lui a fait prendre conscience de la dangerosité et de l’inanité des pesticides. Un grand moment de partage et d’émotion. 

     

    Le film Secrets des champs, réalisé par Honorine Perino et produit par Rés’OGM Info (voir ICI ), est un plaidoyer en faveur d’une agriculture qui, au lieu des pesticides et autres horreurs chimiques, a l’intelligence d’utiliser le potentiel biologique et biochimique de la nature, la manière dont les plantes cultivées s’associent, coopèrent, communiquent et cohabitent avec les êtres vivants qui les entourent : les insectes, les champignons du sol, et les autres plantes. Les recherches scientifiques et paysannes récentes ouvrent des pistes d’innovations enthousiasmantes, du maraîchage à l’agroforesterie, en bio comme en agriculture de conservation.

    Un homme a mis ce savoir en pratique : Gérard Boinon,  69 ans, ancien cultivateur et éleveur à Saint-Trivier-sur-Moignans dans l’Ain, secrétaire de l’association rés’OGM, consultant au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève, membre du comité de pilotage du film, venu à Theil pour l’accompagner et assurer la conférence qui a suivi la projection.

    Jeudi 22 mars : un film et le combat d’un homme meurtri contre les pesticides

    Monsieur Gérard Boinon

    Récit d’une descente aux enfers

    Plus qu’une conférence, au sens classique du terme, ce fut plutôt un partage d’expérience, le récit d’une franchise et d’une sincérité saisissantes, émouvantes, du parcours qui amena Gérard Boinon à s’investir aussi pleinement dans la défense de l’agro-écologie.    

    En 1984, celui qui était encore un agriculteur on ne peut plus conventionnel a été empoisonné par un pesticide en traitant les pucerons du blé sur son exploitation. Par chance, il pensa à prendre avec lui ses bidons à l’hôpital, ce qui lui a sans doute sauvé la vie. Malgré tout, il y eut de sérieuses répercussions sur sa santé, urticaire géante, œdème de Quincke et une terrible blessure qu’il garda secrète jusqu’en 2008 : « Je suis devenu impuissant à l'âge  de trente-cinq ans. Avouer  cela  relève du tabou absolu dans le milieu agricole. A l'issu d'une projection, il y a quelques mois, un jeune agriculteur de trente-cinq, quarante ans m'a pris à part pour me dire avec gêne et pudeur que je n'étais pas le seul dans cette situation ».

    Autres conséquences de cette attaque de pesticides : « J'ai su récemment, après avoir rencontré le professeur Dominique Belpomme qui m'a fait faire des analyses de sang,  que je n'avais plus d'hormones de satiété, et plus d'hormones qui permettent à l'organisme de brûler les graisses. Il faut dire que mon poids avait atteint 135 kg et que j'avais fais un infarctus de myocarde. Pour compléter le tableau, je souffre maintenant d'un cancer de la prostate, je suis obligé de porter une protection.  Il est temps que les agriculteurs prennent conscience qu'ils sont les premières victimes des pesticides ».

    Malheureusement, ce n’est pas si simple, ainsi qu’en témoigne Gérard Boinon : « Il est important de dire que quand, à l'âge de 25, 30 ans, vous contractez un emprunt sur trente-cinq ans auprès du Crédit Agricole, vous êtes pieds et mains liés, vous devez rembourser jusqu'à la fin de votre carrière, et vous ne vous en sortez pas. Avec ma porcherie, j'avais l'impression de travailler pour la banque, les sous partaient pour le remboursement les soucis et les problèmes de santé restaient pour nous ».

    De l’exploitant au paysan

    Ces problèmes de santé ont été un véritable électrochoc pour l’agriculteur, qui lui a fait prendre conscience qu’il faisait fausse route. Sous la pression d'un système productiviste, il était devenu, selon son expression, un exploitant agricole. Ses soucis de santé l'ont poussé à redevenir un paysan : « Il faut savoir que dans le mot exploitant, il y a aussi et surtout une situation d'exploité ».

    Il a alors mis en œuvre sur sa ferme les alternatives décrites dans le film : « La nature nous donne ce qu'il faut pour se passer des produits chimiques, les insectes, les micorhyzes dans les sols et les oiseaux en particulier, avec qui j’ai fini par travailler. La mésange bleue est devenue une collègue de boulot. Il y a trois insectes ravageurs pour le colza et il suffit de trois couples de mésanges bleues à l’hectare pour en venir à bout. Je suis passé du statut d’exploitant agricole, que je n’aime pas du tout, car il contient le mot “exploiter”, à celui de paysan, dans lequel il y a “pays”. Les rendements étaient les mêmes qu’en utilisant des produits chimiques ».

    L'extraordinaire sincérité, la force du témoignage ont laissé coite toute l’assistance durant la durée de la conférence. L'émotion était là, palpable, ce qui, à PAE,  nous fait regretter qu'il n’y ait pas eu plus de jeunes agriculteurs présent dans la salle. Des témoignages de cette nature sont des moments rares et précieux pour la jeunes génération « d’exploitants » qui commence à se poser des questions face aux dégâts d'un système agricole à bout de souffle, générateur de mal-être chez les « petits agriculteurs » et de plus en plus boudé par les consommateurs.     

     


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  • Les oiseaux des campagnes sont en train de disparaitre à vitesse grand V ! Selon deux études menées sur plusieurs années par les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et ceux du CNRS, les populations d’oiseaux des champs se sont réduites d’un tiers en 15 ans ! Certaines espèces, comme les perdrix, ont été littéralement décimées. Et la tendance, hélas, n’est pas prête de s’infléchir. Le printemps 2018 risque d’être sans oiseaux dans certaines régions céréalières …

     

    En 1962, la biologiste américaine Rachel Carson publiait un livre devenu un grand classique de la littérature écologiste, intitulé Printemps silencieux (Silent spring), dans lequel elle tirait la sonnette d’alarme à propos de l’insecticide le plus utilisé à l’époque, le DDT de sinistre mémoire : si rien n’était fait, il allait exterminer tout les oiseaux, éteignant à jamais leurs chants qui enchantaient le printemps.

    Cela fait 45 ans que le DDT est interdit en France, et malheureusement, cette terrible prophétie est plus que jamais d’actualité. Deux études au long cours, menées sur plusieurs années à une échelle locale par le CNRS (Centre national de recherche scientifique) et nationale par le Museum national d’Histoire naturelle ont mis en évidence une nette diminution des populations d'oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990. L’étude menée par le Museum montre un net déclin de  l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan par exemple, qui ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Un déclin qui s’est encore intensifié en 2016 et 2017.

    L’étude du CNRS, menée sur la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre », est encore plus alarmante. Depuis 1995, les chercheurs ont suivi dans les Deux-Sèvres 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français. En 23 ans, toutes les espèces d'oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d'un individu sur trois (-35%) et, avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées. Cette chute frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes - fréquentant prioritairement ce milieu -, que les espèces dites généralistes - retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non. Or, il se trouve que les espèces généralistes ne déclinent pas à l’échelle nationale ; la diminution constatée est donc propre au milieu agricole.

    Les responsables de cette hécatombe ont été clairement identifiés : la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, la flambée des cours du blé, la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d'avoir du blé sur-protéiné et, bien évidemment, la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants. Le DDT de notre siècle ! A cause des néonicotinoïdes, la population d’insectes, source première de nourriture pour les oiseaux s’est en effet littéralement effondrée dans la campagne : une étude menée sur 27 ans en Allemagne, rendue publique en 2017, a conclu que la population des insectes volants avait chuté de 75% en moins de trente ans !

    Le printemps 2018 risque d’être bien silencieux au-dessus des champs de céréales… Ce n’est pas seulement une catastrophe écologique qui se profile à l’horizon, un horizon très, très proche, c’est bien pire que ça : un monde ou les oiseaux ne chantent plus. Peut-on seulement l’imaginer ?

    Un printemps sans oiseaux…

    L'alouette des champs, bientôt portée disparue. Qui osera encore chanter :

    "Alouette, gentille alouette / alouette, je te plumerais"


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